1. Les travaux d'hiver

Lors de la taille, Charles portait des «  socques », dont les épaisses semelles de bois isolaient ses pieds du terrain glacé. Il utilisait un sécateur forgé, trempé et affuté par son cousin François Bron, époux de feue Marguerite, dite « la tante Margot ». L’un de ces sécateurs, réalisé artisanalement il y a plus de soixante ans, est toujours en notre possession, mais ce n'est pas lui qu'on voit représenté ici !

On taillait les après-midi de beau-temps dès fin février. « Taille tôt, taille tard, rien ne vaut la taille de mars », disait l’adage. Les sarments étaient brûlés directement à la vigne, sur un « minage » voisin, même appartenant à un autre vigneron. Les poignées de sarments et les petits bouts ramassés étaient portés sur le feu par un aide ou par les enfants. Ces feux donnaient une épaisse colonne de fumée blanche, formée presque exclusivement de vapeur d’eau, les sarments n’étant pas secs. Une partie d’entre eux étaient gardés à la maison, comme d’excellents allume-feu.


Les jours de pluie ou de grands froids, on restait au pressoir pour « tirer la paille », qui serait utilisée pour attacher les bois. L’opération consistait en un passage à travers un peigne, pour enlever les « barbes », et une coupe à la longueur, pour en faire des « manettes ». Dix manettes étaient attachées ensemble avec un cordon de paille, et pendues au plafond du pressoir, pour bénéficier de la bonne température qui y régnait. On pouvait également fendre et équarrir les échalas, à partir de petits quartiers de bois dur sur le « banc d’âne ».

Un dessin
de Géa
Augsbourg,
bien sûr !






Chaque printemps, il était nécessaire de « porter la terre », de manière à ramener en haut du « parchet » celle qui avait coulé lors des orages. La terre se portait à la hotte, chargée en étant posée sur un « chevalet ». On fossoyait entre les rangs, au fossoir, pour aérer la terre, avant la pousse des premières « bollettes ».